Huysmans, le bénédictin de la dernière heure, dans la Pléiade

Huysmans, le bénédictin de la dernière heure, dans la Pléiade

C’est une excellente nouvelle. Un choix d’ouvrages de Joris-Karl Huysmans est enfin publié dans la célèbre collection « Bibliothèque de la Pléaide », chez Gallimard (Paris) !

Huysmans : un parcours atypique

Joris-Karl Huysmans a signé un chef-d’œuvre naturaliste, intitulé À rebours. Il est encore largement étudié dans les classes préparatoires aux grandes écoles littéraires et dans les filières universitaires spécialisés. L’auteur, après avoir rompu avec Émile Zola et le mouvement naturaliste, y a ajouté une préface écrite vingt ans après. Celle-ci annonce sa conversion : après un tel maître-ouvrage, il n’avait plus que le choix entre la croix et le revolver. Il a choisir la croix.

Malheureusement, les titres postérieurs du romancier, aux consonances autobiographiques plus ou moins marquées, ouvrages chrétiens, sont beaucoup moins connus. Certains étaient même difficiles à se procurer. Pourtant, à bien des égards, ils semblent largement supérieurs au roman qui l’avait fait connaître. Empreints d’une atmosphère religieuse, à l’école bénédictine ou trappistine, tout le génie de l’auteur apparaît dans Là-bas, En marche, La Cathédrale, L’Oblat… C’est donc une joie de voir certains de ces textes dans la Pléiade.

Un véritable auteur bénédictin

À l’occasion de cette parution en Pléiade, Sébastien Lapaque du Figaro a interrogé l’abbé de l’abbaye de Saint-Wandrille, dom Jean-Charles Nault. Si les accents de la liturgie ancienne ont malheureusement disparu de ces lieux, l’esprit bénédictin y est en grande partie demeuré. De quoi rappeler le passage de Huysmans par cette maison en l’an de grâce 1894.

En effet, Huysmans avait projeté avec dom Besse, le « moine monarchiste » et érudit, d’établir au côté de l’abbaye un genre de béguinage d’oblats. Rien de concret n’en est né, sauf pour Huysmans qui jusqu’à la fin de sa vie a suivi une existence quasi religieuse.

C’est aussi une occasion de redécouvrir la règle de saint Benoît et sa spiritualité, qui a tant donné à l’Europe puis au monde, jusque dans les questions temporelles. Ablutions avant de passer à table, serviettes, nappes, éléments de politesse… Nous en sommes les héritiers.

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